Choisir son système de pâturage

Choisir son système a de multiples conséquences : organisation du parcellaire, du travail, fréquence des décisions, régularité de l’ingestion et de la production…


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Description

Choisir son système de pâturage

Bien souvent, la structure de l’exploitation (regroupement et accessibilité des parcelles) laisse beaucoup de choix au système de pâturage. Et le système de pâturage peut s’adapter aux souhaits de l’éleveur pour qu’il s’y sente bien… Dans tous les cas, il faut réfléchir et organiser
son système : au travail !

Les grands choix possibles

Conceptuellement, il existe deux grands systèmes, avec de nombreuses variantes dans les faits et les vocabulaires employés : le pâturage tournant et le pâturage continu.

Les outils de pilotage peuvent varier selon les systèmes, mais aussi selon les écoles de pensée, les régions ou l’histoire : les hauteurs à l’herbomètre, en feuilles tendues, le nombre de feuilles par talle, les degrés jour…

Les types de pâturages

Pâturage tournant

Le troupeau tourne sur plusieurs parcelles, impliquant la notion de rotation (ou de cycle de pâturage) et de temps de repousse (ou de retour) entre 2 passages. Les variantes concernent surtout le nombre et donc la taille des parcelles.

  • Pâturage tournant « dynamique »: 20-40 parcelles, une parcelle par jour (base du pâturage en Nouvelle-Zélande ou Irlande).
  • Pâturage tournant « classique »: 5-10 parcelles, avec des temps de séjour de 3-5 jours.
  • Pâturage tournant « simplifié » : 3 à 6 parcelles, avec des temps de séjour de 8-12 jours.
    Simplification du travail, surtout avec un chien ! En laitier, le lait au tank peut devenir une clé de gestion du pâturage.
  • Pâturage tournant « très simplifié »: 2-3 parcelles, temps de séjour jusqu’à 20-30 jours (bovins viande). Risque de surpâturage si peu de surveillance du troupeau et des parcelles…

Pâturage continu

Le troupeau n’exploite qu’une seule parcelle pendant plusieurs mois. Il faut un parcellaire très groupé. Système idéal si le climat est arrosé, et la croissance stable sur une longue période… ce qui arrive rarement ! Sinon, il faut adapter le chargement régulièrement (effectifs, taille parcelle). C’est la hauteur d’herbe, plutôt que la notion de stock, qui permet de gérer ce système de pâturage.

 

Des conseils pour réussir

  • Choisir un système adapté à sa structure et à ses attentes ! En laitier, si vous ne supportez pas les variations au tank, réduisez le temps de séjour par parcelle (rationner au fil avant, petites parcelles).
  • Bien raisonner toute l’organisation : parcellaire, barrières, points d’eau, chemins …).
  • Pour les laitiers, savoir accepter les variations de lait au tank pour les temps de séjour > 5-6 jours. Ce n’est pas forcément synonyme de perte de lait sur la saison.
  • En pâturage tournant, la vitesse de rotation doit être raisonnée d’abord par rapport à la pousse (saison, pluviométrie).
  • En pâturage continu, maintenir un chargement suffisant pour éviter de perdre des zones entières abandonnées. Accepter des variations de hauteur est nécessaire, mais pas trop…
  • Pour les animaux non laitiers, attention au surpâturage : continuer à observer les parcelles pour ne pas les dégrader.
  • Plus l’herbe est haute, plus il peut être intéressant d’utiliser des fils avant ou des petites parcelles : moins de piétinement, ingestion plus régulière entre jours.
  • On peut mixer pâturage tournant et continu selon la saison. Par exemple en ovins, du continu en hiver et au début du printemps, puis du tournant en fin de printemps et été pour réaliser des stocks d’herbe.

Evolution de la production laitière sur un paddock de 10 jours en pâturage tournant simplifié

Quel système choisir ?

  • De très nombreux travaux de recherche/développement ont montré chez tous les ruminants que si le chargement est bien adapté, il n’y a quasiment
    pas d’effet du système de pâturage sur les performances du système, et cela que l’on raisonne à l’animal ou à l’hectare.
  • Quel que soit le système, la réussite c’est le bon chargement et l’anticipation des décisions : on peut réussir ou rater son pâturage dans tous lessystèmes.

 

Impacts pour la durabilité

  • Le type de pâturage mis en oeuvre impacte peu le niveau de production animal. Certains sont plus coûteux en investissements.
  • Les effets sur l’environnement ne différent pas fondamentalement d’un système à l’autre.
  • Selon les systèmes le temps de travail (ouvrir fermer des barrières, déplacer des lots) ou le pilotage (observation) peuvent être différents.

 

Quelques références

Additional information

Impact sur...

Production, Travail

Action

Aménager, Valoriser

Echelle

Exploitation, Parcelle, Troupeau

Espèce

Bovin, Caprin, Equin, Ovin

Auteur

Rémy Delagarde (Inra)

Crédit photos

R. Delagarde (Inra)

Mise à jour

Mars 2018

Numéro de fiche

16

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