Utilisation de l’estive
L’estive, une ressource essentielle pour les systèmes d’élevage pastoraux. « Là où est l’herbe, va le troupeau ».
Description
POURQUOI FAIRE ?
En été, la chaleur et la sécheresse stoppent la pousse de l’herbe en plaine et réduisent la disponibilité en fourrage vert. L’estive permet alors aux troupeaux de couvrir leurs besoins grâce aux ressources pâturées en altitude, complémentaires de celles des plaines et vallées. Elle constitue un pilier pour de nombreux systèmes d’élevage pastoraux ovins, bovins, caprins et équins dans les zones de massif.
SUIVRE LA POUSSE DE L’HERBE
La pratique de l’estive est une adaptation de la conduite des troupeaux au milieu et au rythme « naturel » de la végétation. Les animaux montent généralement à partir de juin, atteignent les pâturages les plus élevés en juillet-août, puis redescendent entre septembre et novembre lorsque les ressources s’épuisent et que les températures baissent. Cette pratique, adaptée au rythme naturel de la végétation, constitue aujourd’hui un levier d’adaptation au changement climatique, même si celui-ci modifie progressivement les dates de montée et de descente ainsi que les capacités de chargement des estives.
ORGANISATEUR LE PÂTURAGE EN ESTIVE
La gestion pastorale dépend de nombreux facteurs : altitude, exposition, relief, accessibilité et type de végétation. Les pâturages sont généralement organisés en « quartiers » utilisés successivement au cours de la saison. Certains, plus précoces, sont valorisés au printemps ou à l’automne, tandis que les quartiers d’altitude offrent une ressource plus tardive. Cette complémentarité permet d’étaler l’utilisation de l’herbe et d’optimiser l’alimentation des troupeaux.
CONDUIRE DES TROUPEAUX EN ESTIVE
Trois principaux modes de conduite existants : le gardiennage permanent , avec une présence quotidienne du berger ou du vacher pour organiser le circuit d’alimentation du troupeau (très fréquent en ovins et généralisé en bovin lait) ; la surveillance discontinue , assurée à intervalles réguliers ; et le pâturage non gardé , avec une surveillance limitée. Dans les deux derniers cas, le troupeau peut être parqué ou clôturé, ce qui est très fréquent pour les bovins, ou totalement libre dans des vallons de haute altitude entourés de barrières naturelles.
DES CONSEILS POUR RÉUSSIR
La réalisation d’un diagnostic pastoral facilite la gestion d’une estive, en articulant à la fois les volets végétation, troupeau et espace. Le diagnostic s’appuie sur les grandes étapes suivantes :
- Analyse morphologique de l’estive (identification des secteurs de pâturage, cartographie des éléments qui contraignent le déploiement et la circulation du troupeau, etc.).
- Analyse de la végétation pour estimer la ressource disponible et la charge animale.
- Inventaire des contraintes internes au système pastoral (relief, localisation, équipements, lieux de repos, abreuvement…).
- Inventaire des autres usages du territoire.
- Étude de la vulnérabilité aux grands prédateurs.
IMPACTS POUR LA DURABILITÉ
La pratique de l’estive permet :
- La valorisation et le maintien des ressources herbagères d’altitude, en offrant une alimentation de qualité et peu coûteuse,
- La libération des surfaces pour la production de fourrages, notamment les achats d’aliments,
- La préservation des paysages et de la biodiversité,
- La valorisation des produits agricoles sous signe de qualité, ainsi qu’une image positive auprès du consommateur,
- La contribution à l’identité et à la gestion des territoires, à travers leurs dimensions culturelles touristiques ainsi que leur rôle dans la prévention des risques naturels.
Les différentes réalités de l’estive
L’estive recouvre des situations variées : pâturage en montagne, mise en pension des animaux ou utilisation de pâturages communaux proches des exploitations. Si elle peut être pratiquée individuellement, elle repose le plus souvent sur une organisation collective. Celle-ci s’appuie notamment sur les Associations Foncières Pastorales (AFP), les Groupements Pastoraux (GP) et les Conventions Pluriannuelles de Pâturage (CPP), qui encadrent l’accès et la gestion des surfaces pâturées.
POUR EN SAVOIR PLUS
- Alpages et estives dans les parcs nationaux métropolitains de montagne – Parcs nationaux de France, 2012.
- Diagnostic pastoral en alpage – Parc National des Écrins, Cerpam avec la collaboration de l’Inra SAD et du Cemagref, 2006.
- Diagnostic pastoral « vulnérabilité climatique » – Réseau Alpes sentinelles, Irstea, Cerpam, 2018.
- Guide des associations foncières pastorales – Association Française de Pastoralisme, 2011.
- Pastothèque tome 1 Montagne – H. Dodier et al., Cardère Édition, 2023.
VERS D’AUTRES FICHES
Fiche 48 – Les parcours : une ressource à ne pas négliger
Fiche 52 – Diversifier les ressources pâturées
Fiche 70 – Prairies – à chacune son bon usage
Fiche 85 – Vous n’avez pas que de belles prairies productives Tant mieux !
Fiche 97 – Structurer la chaîne de pâturage




