Améliorer l’accessibilité des parcelles au pâturage
L’accès aux parcelles est un réel frein dans le développement du pâturage : parcelles éloignées, séparées par une route… Pourtant certains obstacles peuvent être franchis, d’autres
évités.
Fiche 69 – Améliorer l’accessibilité des parcelles au pâturage
Description
POURQUOI FAIRE ?
Le pâturage est économique, mais s’il faut changer les animaux de parcelle en bétaillère ou être 3 pour faire traverser une route au troupeau, la gestion se complique ! Le morcellement des exploitations via l’éloignement ou la présence de routes est accentué à l’heure des agrandissements. Les troupeaux sont alors parfois regroupés sur un site certaines parcelles ne sont plus pâturées.
ACCESSIBLE POUR QUI ?
L’accessibilité n’est par perçue de la même façon selon le type d’élevage : Un éleveur laitier qui trait 2 fois/jour, un centre équestre qui a besoin d’avoir ses animaux à disposition tous les jours ou un éleveur allaitant qui ne changera pas la composition de son lot avant un mois n’ont pas la même vision de l’accessibilité. Plus il y a de mouvements d’animaux, plus l’accessibilité est cruciale. Une distance limite de 1 km pour les animaux laitiers fait souvent consensus. Mais elle est parfois source de débats entre associés !
PARCELLES PROCHES MAIS INACCESSIBLES PAR LES ANIMAUX
Contourner l’obstacle : Une route, un chemin passager ou un ruisseau peuvent être contournés ou franchis grâce à des aménagements pérennes : boviduc, barrière canadienne, porte western, pont… tout dépend du type de franchissement et de sa fréquentation. Selon l’aménagement, l’investissement peut être important. Il peut parfois être en partie pris en charge (subventions européennes ou régionales, financement par l’aménageur lors de la construction de la route…).
PARCELLES ÉLOIGNÉES
Parcelles éloignées : réfléchir à la structure de la ferme
Les déplacements créent des coûts et du temps de travail importants pour l’éleveur et des désagréments pour les collectivités et riverains : routes souillées, abîmées par les passages répétés d’engins lourds sur des voies non calibrées pour cela, traversées de bourg..
- Créer ou empierrer des chemins, résistants et adaptés à la taille du troupeau, est la première solution à réfléchir.
- Procéder à des échanges parcellaires entre agriculteurs, chacun prenant des terres plus proches de chez lui. Il peut s’agir d’échanges à 2 ou 3 fermes, ou à plus grande échelle.
Profiter du changement des générations… Des échanges à l’échelle d’une commune peuvent être organisés et financés par les collectivités selon les régions. - Penser pâturage lors de la construction d’un nouveau bâtiment ! Déplacer le bâtiment de 100 mètres peut parfois simplifier les accès !
- On peut décider de déplacer le bâtiment au cœur d’un lot de parcelles dédiées au pâturage. Exemple : renouvellement d’un bâtiment que l’on positionne ailleurs, création d’un 2ème site pour dédoubler le troupeau, génisses sur un site, vaches sur un autre par exemple.
DES CONSEILS POUR RÉUSSIR
- Avant la construction d’un moyen de passage (boviduc, barrière canadienne, porte western…), faire le point sur les besoins : fréquence de passage des animaux, traversée ou
non du public… - Évaluer le besoin ou non de faire passer des engins : un boviduc de 2 mètres de large sur 1,5 mètre de haut suffit pour faire passer des vaches et sera deux fois moins coûteux que s’il est dimensionné pour les tracteurs.
- Échanges parcellaires : négocier en bonne intelligence car les parcelles ne sont jamais complètement équivalentes en taille, en type de sol… Il faut parfois accepter de céder la parcelle du grand-père. Votre qualité de vie et votre coût de production sont en jeu !
- Faire du pâturage une priorité sur les parcelles facilement accessibles. On voit souvent des parcelles proches de la stabulation à bon potentiel et/ou irrigables qui sont cultivées car assurant de bons rendements. Si les cultures y sont productives, l’herbe le sera aussi ! Lorsque la surface accessible est limitante, on peut implanter dans la rotation entre deux prairies une dérobée de type colza pâturable.
IMPACTS POUR LA DURABILITÉ
- Plus d’accessibilité, c’est plus de pâturage et un coût alimentaire limité.
- Gain de temps de travail pour l’éleveur.
- Limitation de la consommation de fioul.
- Acceptabilité sociétale : les gens préfèrent les vaches au pâturage que dans les bâtiments.
- Valorisation du lait par le cahier des charges de certaines laiteries et AOP.
Notre ferme est à proximité du bourg et encadrée par 2 routes. Depuis l’installation du robot de traite, j’ai osé demander à mon voisin de faire un échange parcellaire. J’ai ainsi pu récupérer 4 ha à la porte de mon bâtiment. On a ensuite racheté 11 ha de l’autre côté d’une route communale. Pour que les vaches y accèdent librement, on a autofinancé un boviduc. Ça nous a coûté 17 000 €. C’est un investissement rentable qui nous assure un coût de production maîtrisé.
N. et C. Malinge, éleveurs bovin lait, Maine-et-Loire
POUR EN SAVOIR PLUS
- L’aménagement du parcellaire – des apports techniques & des témoignages – Chambre d’agriculture de Bretagne, 2022.
- Agencement des parcelles pour le pâturage tournant des équins – IFCE, 2016.
VERS D’AUTRES FICHES
Fiche 11 -Organisez votre parcellaire simplifiez vous le pâturage (4)
Fiche 12 – De l’eau pour ma saison de pâturage
Fiche 16 – Choisir son système de pâturage
Fiche 28 – Les grands troupeaux laitiers pâturent aussi !
Fiche 57 – tout bon chemin mène au pâturage !




