Sommes de températures : un bon repère pour utiliser les prairies au bon stade
Pour adapter les dates d’utilisation des prairies aux conditions climatiques de l’année
Description
POURQUOI FAIRE ?
« Les années se suivent mais ne se ressemblent pas ! » Le cumul des températures moyennes journalières permet de prévoir le stade de développement des différentes graminées prairiales : démarrage de végétation, stade épi 5 cm, épiaison, floraison. Il permet ainsi de fournir des repères pour une bonne utilisation des prairies au printemps, aussi bien en fauche qu’en pâturage et anticiper ses interventions.
JOUR PAR JOUR
Le calcul des sommes de températures est réalisé à partir du relevé jour par jour des températures minimales (Tmin) et maximales (Tmax) et du calcul des températures moyennes journalières Tmoy = (Tmin + Tmax)/2. Le cumul des températures se fait à partir du 1er février, en prenant en compte les seuils de 0°C et 18°C suivants :
– si la moyenne journalière est inférieure à 0°C, on retient la valeur 0°C.
– si la moyenne journalière est supérieure à 18°C, on retient la valeur 18°C.
LES STADES PHÉNOLOGIQUES
Pour les graminées, les stades phénologiques sont associés à des repères de sommes de températures qui diffèrent d’un type de prairie à l’autre. Par exemple, pour une prairie à flore précoce et fertile (avec Ray-grass anglais, dactyle, houlque laineuse ou fétuque élevée),
– le démarrage de végétation se fait à 200°C cumulés à partir du 1er février.
– le stade épi 5 cm se fait à 500°C.
– le stade épiaison se fait à 700°C.
– le stade début floraison se fait à 900°C.
LES DATES REPÈRES
À chaque stade phénologique sont associés des repères d’utilisation de la prairie. Par exemple, pour une prairie à flore précoce et fertile,
– la mise à l’herbe sera réalisée après le démarrage de végétation (entre 250 et 300°C),
– la fin du déprimage sera réalisée au stade « épi 5 cm » (soit 500°C),
– l’ensilage sera réalisé avant le stade « début épiaison » (650 à 700°C).
Pour les prairies à flore tardive, les dates repères seront plus élevées.
DES CONSEILS POUR RÉUSSIR
- Bien identifier les différents types de prairies pour lesquels les sommes de température seront utilisées (voir exemple tableau ci-contre).
- Disposer régulièrement des données actualisées de sommes de température (bulletins hebdomadaires type « Info-Prairie »).
- Anticiper l’évolution des sommes de température, pour prévoir à l’avance l’arrivée des dates repères.
- Toujours valider par l’observation de la végétation (tour de parcelle).
IMPACTS POUR LA DURABILITÉ
- L’utilisation de la prairie au stade optimal permet d’assurer une meilleure qualité du fourrage et donc une économie sur les concentrés.
- Utiliser la prairie au bon stade favorise le maintien de sa diversité floristique et sa pérennité.
- L’utilisation des sommes de températures permet une adaptation permanente aux conditions spécifiques de chaque année (précoce, tardive).
Témoignage
« Grâce à la formation sur le pâturage et les sommes de températures, j’ai acquis des repères pour mieux gérer l’herbe chez moi. Avant, j’étais jamais prêt à temps… Cela m’a aussi rassuré dans la mise en place de pratiques nouvelles comme mettre à l’herbe plus tôt, ou faire tourner les animaux plus vite. »
JC., éleveur allaitant (63)
POUR EN SAVOIR PLUS
- Typologie fonctionnelle de graminées fourragères pérennes : une classification multitraits – Cruz et al., Fourrages, 2010.
- Guide Régional Pâturage : Fruit de 10 ans d’expériences de conseillers et éleveurs en Auvergne – Chambre Régionale d’Agriculture Auvergne-Rhône-Alpes, 2021.
VERS D’AUTRES FICHES
Fiche 3 – Diagnostiquer l’état de vos prairies : de l’observation du couvert à son amélioration
Fiche 8 – Tirer parti de la diversité des prairies ?
Fiche 22 – Le déprimage pâturer tôt et avoir des fourrages de qualité
Fiche 25 – Fertiliser les prairies
Fiche 70 – Prairies – à chacune son bon usage




